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Le côté obscur de l’impression 3D : 10 choses à surveiller


Le technologie est une arme à double tranchant. Et la technologie d’impression 3D n’échappe pas à la règle ! Bien que bénéfiques dans de nombreux domaines, nous ne pouvons ignorer ses conséquences négatives potentielles.

Comme pour toute nouvelle technologie, il est facile de se laisser entraîner dans les avantages de l’impression 3D. Cette technologie ouvre un monde de possibilités pour toutes les industries, tout en réduisant les coûts de transport, les impacts environnementaux, les déchets et le recours à des sociétés tiers. Mais les imprimantes 3D sont encore, dans une certaine mesure, des machines potentiellement dangereuses, et leurs impacts sociétaux, politiques, économiques, et environnementaux n’ont pas encore été étudiés en profondeur.

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Voici un liste de 10 versants sombres de l’impression 3D à surveiller pour ne sombrer du côté obscur !

 

1. Les imprimantes 3D sont énergivores

Lorsqu’elles font fondre du plastique avec de la chaleur ou des lasers, les imprimantes 3D consomment de l’énergie comme tout appareil électronique.

Selon une étude de l’université de Loughborough, une imprimante 3D consomme environ 50 à 100 fois plus d’électricité que le moulage par injection pour fabriquer un objet du même poids. En 2009, le programme de recherche Evironmentally Begnon Manufacturing du MIT a démontré que le dépôt de métal par laser (c’est-à-dire lorsque la poudre de métal est fondue ensemble) utilise une centaine de fois plus d’électricité que la coulée traditionnelle ou usinage.

C’est pour cette raison que les imprimantes 3D sont plus adaptées pour fabriquer de petites séries d’objet, plutôt que de produire en masse. Les imprimantes 3D ne vont donc pas remplacer les autres technologies de fabrication !

 

2. Les imprimantes 3D sont toxiques

Les imprimantes 3D peuvent poser un risque pour la santé.

Selon des chercheurs scientifiques de l’Institut de Technologie de l’Illinois (IIT) et de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon, l’impression 3D génère des particules fines dangereuses pour l’homme si elles sont inhalées. Ils ont publié un avertissement dans lequel ils constatent que l’extrusion thermique et le dépôt de matières plastiques par une imprimante 3D émet une très grande quantité de particules fines (moins de 100 nanomètres de diamètre). Lorsque ces particules sont inhalées, elles peuvent se déposer dans les poumons ou le sang et présenter un risque pour la santé, en particulier pour les personnes souffrant d’asthme.

Pour le moment, les chercheurs s’étant penché sur cette étude nous invitent a faire attention à ne pas utiliser d’imprimantes 3D dans des endroits mal ventilés. En attendant de faire évoluer leurs tests sur une plus large gamme d’imprimantes.

 

3. Les imprimantes 3D sont accros aux plastiques

Un des plus grands mouvements environnemental dans l’histoire récente a été de réduire notre dépendance aux plastiques : les sacs de supermarché (ou la poche pour nos amis charentais !), les bouteilles d’eau et des objets ménagers peuvent maintenant être fabriqués à partir de matériaux recyclés.

Le filament plastique ABS est le matériau le plus utilisé dans les imprimantes 3D. Image: MakerBot

Le filament plastique ABS est le matériau le plus utilisé dans les imprimantes 3D. Image: MakerBot

Les imprimantes 3D les plus populaires et moins chères utilisent des bobines de fil et filaments en plastique. Bien que le principe de la fabrication additive réduit énormément la quantité de déchets, les machines conservent encore du plastique non utilisé ou excédentaire dans les lits d’impression. Le PLA est biodégradable, mais le filament ABS est encore le type de plastique le plus couramment utilisé.

Des alternatives écologiques existent cependant comme les algues ou les bouteilles de lait recyclées !

 

4. Les imprimantes 3D sont des pirates

En janvier, 3D Systems a acquis Gentle Giant Ltd, qui détenait les droits de licence pour des franchises de jouets tels que The Hobbit, The Walking Dead, Harry Potter, Alien et Star Wars. D’après Gartner, les entreprises pourront perdre au moins 100 milliards de dollars en quatre ans à cause de l’acquisition de licences et de propriétés intellectuelles par les compagnies d’impression 3D. L’impression 3D va changer le marché et les entreprises, la législation devra alors s’adapter rattraper son retard.

Télécharger une voiture, c'est possible grâce à l'impression 3D !

Télécharger une voiture, c’est possible grâce à l’impression 3D !

Une imprimante 3D permet de reproduire tout type de petit objet, du jouet à la pièce de rechange d’appareils d’électro-ménager, sans aucun droit de propriété et à moindre frais, pour peu que l’on trouve sur internet les plans. Au contraire de la musique ou des vidéos, l’impression 3D donne forme physique au numérique : c’est la porte ouverte à une nouvelle forme de piratage et de production.

A quand le Hadopi 3D ? En attendant, je vous conseille de faire vos emplettes sur Thingiverse !

 

5. Les imprimantes 3D sont armées

Cody Wilson, un étudiant texan a fabriqué le Liberator, la première arme à feu imprimée en 3D et capable de tirer à balle réelle. Les problématiques liées à cette révolution pour l’armement sont nombreuses, mais l’inquiétude de base est que n’importe qui, un peu débrouillard et en possession d’une imprimante 3D (ça limite déjà le champ des possibles), peut télécharger les fichiers du Liberator, l’imprimer puis l’utiliser.

Sachant qu’une arme en plastique est indétectable, le spectre du terrorisme n’est pas loin. Le Congrès américain a ainsi voté le Undetectable Firearms Act qui interdit les armes qui ne peuvent pas être détectées par les détecteurs de métaux ou de scanners à rayons X. La question n’est donc encore totalement réglée…

Les experts estiment cependant que les armes imprimées n’entraîneront pas une hausse de la criminalité. Dans le cas d’un individu qui a décidé de se procurer une arme illégalement, il y a d’autres façons plus économiques et pratiques de l’obtenir. De plus, les attentats au couteau sont plus meurtriers que ne pourrait l’être un pistolet imprimé en 3D d’après les dernières nouvelles.

 

6. Les imprimantes 3D sont irresponsables

Des armes à feu imprimées en 3D à la problématique de la propriété intellectuelle, la grande question est : qui-est responsable ?

Si une personne tire avec pistolet imprimé en 3D et tue quelqu’un, si un personne en poignarde une autre avec un couteau imprimé en 3D, si un cycliste se rompt le cou malgré le port d’un casque imprimé en 3D… qui tenu pour responsable ? Certainement pas le Colonel Moutarde avec le chandelier dans le salon.

Le Colonel Moutarde en impression 3D My Mini Factory

Le Colonel Moutarde en impression 3D
My Mini Factory

Le responsable est-il le propriétaire de l’imprimante 3D, le fabricant de l’imprimante 3D, le designer du fichier CAO, le site sur lequel le fichier a été téléchargé ou l’utilisateur lui-même ? Là encore nous sommes dans un flou juridique qui concerne également la Google Car, la voiture sans conducteur.

 

7. Les imprimantes 3D n’ont aucune éthique

Si on remplace les matériaux utilisées par une imprimante 3D par des substances biologiques, on peut obtenir des moules ou des structures utilisables dans le domaine médical : c’est le bio-impression.

C’est l’idée qu’ont eu certains chercheurs, ouvrant notamment de nombreuses portes dans le domaine de la médecine régénérative en utilisant des couches de cellules. Ainsi, il devient possible de former une oreille bionique ou un implant crânien.

Oreille bionique grâce à l'impression 3D - Université de Princeton

Oreille bionique grâce à l’impression 3D – Université de Princeton

En février 2013, Will Shu, chercheur à l’université Heriott-Watt d’Edimbourg, publiait dans Biofabrication des résultats précisant qu’avec ses collègues, il avait mis au point une imprimante 3D capable de former des amas de cellules souches embryonnaires. Une des finalités du bioprinting serait un jour de recréer des organes humains sur-mesure à partir de cellules de donneurs, prêts à être implantés chez le malade.

Ces avancées en médecine régénérative posent aussi des questions éthiques : dès lors qu’on peut remplacer un organe usé par un organe neuf et compatible, on s’engage sur la voie de l’ « immortalité ». Toutefois, les spécialistes s’accordent à dire que le cerveau ne pourra jamais être recréé à l’identique, ce qui limite les spéculations.

 

8. Les imprimantes 3D sont des dealers

Assembler des composés chimiques au niveau moléculaire en utilisant une imprimante 3D est possible. Lee Cronin, un chercheur de l’université de Glasglow a créé un prototype de « Chemputer » 3D qui fabrique les médicaments et la médecine. Il veut révolutionner l’industrie pharmaceutique en permettant aux patients d’imprimer leur propre médecine avec un plan chimique qu’ils reçoivent de la pharmacie.

Les Heisenberg de l’impression 3D vont pouvoir se faire plaisir en créant des drogues à partir d’imprimante 3D, le réseau de distribution sera ainsi très facilité… à condition d’avoir les bons composants !

impression 3d drogue

 

9. Les imprimantes 3D sont risquées

Un livre blanc publié par la National Defense University a mis en évidence les risques de sécurité nationale que peut provoquer la technologie d’impression 3D. En offrant la possibilité de produire une large gamme d’objets qui ne peuvent pas encore être contrôlés, le document note que les imprimantes 3D présente certainement des risques pour la sécurité nationale qui doivent être analysées dans un avenir proche, tout comme les problématiques juridiques et économiques.

 

10. Les imprimantes 3D sont incomestibles

Dans un avenir proche, nous mangerons des confiseries issues d’une imprimantes 3D et les astronautes mangeront des pizzas imprimées en 3D, mais la perspective appétissante du foodprinting n’est pas le cœur du problème.

Une assiette made in 3D Printer

Une assiette made in 3D Printer

Vous pouvez imprimer une fourchette ou une cuillère avec votre imprimante 3D, mais si vous utilisez du plastique ABS, il n’est pas sans BPA (Bisphénol A). Heureusement, de nouveaux filaments qui sont plus sûrs pour mettre dans votre bouche sont créés pour cette raison spécifique, mais ils ne sont pas encore largement disponibles. Beaucoup d’imprimantes 3D ont des espaces où les bactéries peuvent facilement se développer s’ils ne sont pas nettoyés correctement. Il faudrait donc redoubler de vigilance pour les aliments et ustensiles imprimés en 3D.

Les ustensiles de cuisine sont très populaires en impression 3D, mais la sécurité des matériaux utilisés est discutable.    Image: Silverbeam / Shapeways

Les ustensiles de cuisine sont très populaires en impression 3D, mais la sécurité des matériaux utilisés est discutable.
  Image: Silverbeam / Shapeways

 

Source : TechRepublic


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